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 l'étoile a pleuré rose (noé)

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MessageSujet: l'étoile a pleuré rose (noé)   Lun 21 Aoû - 10:28


(octobre 2015)

flw  brille  flw

N'oublie pas d'acheter du lait, ton père vient de finir la dernière bouteille. Elle lit le dernier message en faisant la moue - dire qu'elle vient tout juste de terminer les courses, il faut déjà qu'elle fasse demi-tour pour retourner acheter du lait ! Les deux sacs de course qu'elle porte commencent à peser lourd - elle était contente de pouvoir s'accorder un peu de répit dans le tramway, mais ses parents en avaient décidé autrement.

Levant les yeux au ciel, elle fit donc demi-tour.

Elle connaissait une petite épicerie pas trop loin, à cinq minutes à pied - ils devaient avoir ce qu'il lui fallait. Son père prenait du lait au petit déjeuner tous les matins - elle ne voulait pas imaginer la crise à laquelle elle aurait le droit si elle oubliait son précieux breuvage.

Elle longea les rails, faisant de son mieux pour ne pas se prendre les gens allant dans le sens inverse du sien - entre les joggeurs perdus dans leur musique, les adolescents hypnotisés par leur téléphone, ou les habitants tout simplement aveugles, elle avait l'impression que tous étaient contre elle. Parfois, elle se demandait si les autres prendraient la peine de s'écarter pour elle - elle sentait qu'elle était toujours celle qui faisait l'effort d'éviter les autres, et ça devenait vite lassant.

J'ai le lait, je rentre.
Envoyer.
Merci, à tout à l'heure, bisous.
Verrouiller.

C'est parti pour se retaper tout le chemin en sens inverse. Elle chasse ses cheveux de devant ses yeux en soufflant, agacée. Le bon côté dans tout ça, c'est qu'il ne fait pas trop chaud - le mois d'octobre leur offre des températures assez raisonnables, et ce n'est pas elle qui va se plaindre.

Arrivée au tram, elle s'arrête au bord des rails. Elle attend le prochain. Les sourcils froncés, elle masse ses épaules endolories - cela se voit à des kilomètres que son petit corps n'est pas des plus résistants. Elle est aussi mince qu'un brin d'herbe, et on aura presque envie de la serrer fort dans ses bras à chaque bourrasque de vent de peur de la voir s'envoler. Mais elle était loin du fantôme auquel elle ressemblait deux ans plus tôt - elle avait envoyé valser tous ses démons.

Y a un mouvement sur sa droite qui attire son attention - elle arrête de masser ses épaules et tourne légèrement la tête. Elle connaît ce visage, ce sourire qui l'a fait fuir plusieurs fois. Noé et ses fossettes, Noé et ses fleurs cueillies à l'arrache, Noé et ses mots, Noé et sa gentillesse. Noé qui la l'effraie sans le savoir. « Oh, salut. » qu'elle lance, la brune - un peu crispée, croisant les doigts pour ne pas qu'il se remette à jouer les séducteurs. Elle n'a plus l'énergie pour courir - encore moins avec deux sacs dans les bras.

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MessageSujet: Re: l'étoile a pleuré rose (noé)   Mar 22 Aoû - 17:41


peut-être qu’il devrait pas s’approcher
pas la faire chier, lui accorder une pause
même lui il le sait
que y a un moment où faudra bien qu’il s’arrête
mais sur c’coup-ci
c’est même plus son besoin constant de chair le problème
l’envie d’se perdre dans les draps
d’se fondre dans la chaleur d’un corps qui n’est pas le sien
c’est même pas la résistance
le rejet gêné (effrayé peut-être)
pas tout ça qui lui fait mettre un pied devant l’autre
noé voit pas des défis dans tout et n’importe quoi
il est super con (souvent)
gâche (toujours) tout
mais pas cette fois
c’est pas un briseur de cœurs compulsif
pas un destructeur d’âmes à la chaîne
il est né pour faire chier l’monde
pas pour faire saigner les belles.
akane c’est l’papillon de nuit radioactif
la fleur qu’on dit toxique
mais qui est juste trop rare pour se laisser cueillir
akane c’est les yeux d’mouton égaré
et l’aura-bouclier
celle qui fait même reculer les preux chevaliers
les plus forts des guerriers
(ceux comme noé
qui demandent pas grand-chose
juste tout
ça leur suffit).
y a quelque chose qui l’intrigue en elle
l’inconnu d’la bête blessée qui l’appelle
il veut voir il veut toucher il veut sentir
et tant pis pour la peau
il le fera de loin si le contact provoque l’orage
si la frôler ça l’électrise
la regarder la scandalise
si tendre une main c’est trop demander
et qu’au moindre sourire elle disparaît.
au bord des rails ils sont seuls
elle dos à lui
qui attend l’tram
et peut-être la vie aussi
après-midi d’automne ici l’air est froid
pas d’souci c’est normal c’est la température ambiante
celle liée aux cœurs celle qu’est pas un choix
et juste une seconde
avant d’arriver tout près d’elle
noé il pense aux draps
juste une dernière fois.
c’est vrai quoi, merde
ils auraient pu être ailleurs
dans un endroit plus safe, plus chaud
si tant est qu’elle l’ait voulu
si tant est qu’il ait pas perdu
(quel con
d’continuer à penser comme ça).
elle le salue le premier et il sourit
(pas trop
peur qu’elle s’en aille déjà)
salut !
il est joyeux as usual
mais il s’tempère il fait l’effort
juste pour elle pour éviter la tempête
laisse-moi t’aider avec ça
sans la frôler noé s’permet déjà beaucoup
s’empare des deux sacs
qu’elle lâche d’un coup
ça va toi ?
il fait froid, hein ?

et sous ses iris noirs jamais vides
toujours remplis à ras-bord
trop pleins d’un truc mystique
mélasse d’onyx
opacité à son max
il lève les yeux au ciel
l’air de dire « pas aujourd’hui »
demain peut-être
ou quand il fera nuit.
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MessageSujet: Re: l'étoile a pleuré rose (noé)   Mar 22 Aoû - 18:48


Le temps s'arrête,
Une bourrasque la fouette,
Le froid engourdit les oiseaux,
Et lui troue la peau,


Sa vision s'obscurcit quelques micro-secondes avant qu'elle puisse à nouveau distinguer son visage - solaire, lumineux. Comme à son habitude. Noé n'est pas mauvais - elle le sent, elle le voit. Comment pourrait-on penser qu'une quelconque malice habite son corps ? Il n'est que bonne humeur. Loin de ceux qu'elle a pu côtoyer autrefois.
Et pourtant.
C'est bien sa bonne humeur qu'elle fuit - c'est lui qu'elle repousse, un peu trop froidement parfois peut-être. Mais est-elle réellement fautive de son comportement ? Ne pourrait-on pas qualifier ce réflexe d'instinct de survie ? Peut-on la blâmer d'avoir peur ?
Car elle a peur, la petite. Elle a peur depuis des années.

Oh, ce n'est pas Noé qu'elle craint. C'est de ce qu'il y a derrière Noé.
Que ferait-il après ?
Elle le laisserait approcher, elle lui fera confiance, et après ? Elle a déjà fait confiance par le passer - didn't end well. Elle a déjà pardonné par le passé - didn't end well. La dernière fois qu'elle a fait confiance à quelqu'un, elle s'est retrouvée face à un fucking chinese slut écarlate peint sur son casier.

Les gens sont plein de bonnes intentions - mais que se passe-t-il quand les nuages masquent le soleil ?
Il fait froid.
Il fait sombre.
Elle l'a vu. Akane a tout vu.

Il se baisse, elle recule - réflexe. Les sacs. « Oh non ça v- Pas le temps de débattre - elle finit par les lâcher, gênée. merci. » Un tout petit mot, aussi timide et invisible qu'elle - à peine prononcé, il s'évapore déjà dans l'air. Prend de l'altitude, comme un papillon.

Aurait-elle dû l'ignorer ? Elle ne sait pas. Mais Noé est gentil, après tout - il n'a pas une once de mal en lui. Il porte ses sacs pour elle, il reste à une distance respectable - et pourtant, elle ne baisse pas la garde. Il y a toujours un guet au sommet de la tour - c'est comme ça qu'on fait à la guerre. « Oh oui, oui. Et toi ? » Ses yeux fixent les rails, le bout de ses chaussures - le sol est sal.

Elle enfouit un peu son nez dans sa légère écharpe avant de sourire. « Il faisait plus froid en Virginie. » Les hivers pouvaient être rudes parfois - et la neige, épaisse comme de la laine, tombait à gros flocons. Elle n'avait pas vu de neige depuis qu'elle était venue vivre ici - ou très peu.

Elle a oublié la couleur de la neige.
Et son odeur.
Et sa texture.

Nola, ça a été le début de sa nouvelle vie. Emménager ici ça l'a forcé à fermer une porte et à jeter la clé dans le bayou - la livrer aux dents des croco. « Je préfère cent fois Nola à Richmond. » Oui, elle se sent bien mieux ici. Un petit sourire naît sur son visage, fugace - mais il est bien vite emporté par le vent. La tristesse reprend le dessus, puis la peine.

Les sourcils se froncent.
Non, plus de tout ça. Elle a enterré tout derrière elle depuis longtemps - le passé est loin maintenant.

Elle lève le regard vers le ciel, parsemé de nuages. Elle sait pas trop pourquoi elle a repensé à tout ça - ça sert à rien de se torturer encore et encore. Ce qui est fait est fait, et elle est toujours là - survivante, ou fantôme elle ne sait pas trop.
Mais elle est là.
Elle respire.
Elle vit.

« Tu as toujours vécu ici ? » Elle scrute Noé - la gêne est passée, ou du moins finement masquée. Elle sait pas tout ce à quoi il pense - sinon, elle serait déjà loin.
Elle aimerait bien pouvoir être aussi frivole et détachée à la fois, un peu comme lui. Mais pour s'abandonner dans les bras de quelqu'un, il faudrait peut-être déjà qu'elle s'aime.
Y a encore du chemin à faire.

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MessageSujet: Re: l'étoile a pleuré rose (noé)   Lun 4 Sep - 16:21


sa fragilité est touchante
sa timidité envoûtante.
elle a des airs de rose
autant l’une que l’autre
(la sœur de noé
la jolie la douce la gentille
la fleur sucrée
épines cachées dans akane
là où il fait sombre et où noé peut pas aller
elle lui laisse seulement ses pétales-lèvres à regarder
et encore, elle lui permettrait jamais de toucher)
et à force de la voir tracer des frontières
ériger des barrières
lui dire de reculer
noé connaît les limites
il franchira pas la ligne rouge
il sait quels parterres il peut pas piétiner
sur quelles fleurs il faut pas marcher
sous peine de plus jamais les revoir pousser.
par chance elle parle un peu
elle le laisse pas en plan
seul avec ses mots
comme bien souvent
(comme trop).
il sourit un peu
bien trop à l’aise comme toujours
à peine refroidi par le soleil d’octobre
presque assagi par la dame de l’automne
celle qui tremble moins que d’ordinaire
pauvre feuille, ocre ou vert pomme
ose quelques regards quand il se penche vers elle
laisse s’étirer une de ses pétales juste pour lui
avant qu’un éclair terrible ne brûle tout
oups les souvenirs ne sont jamais loin
(et s’il osait
noé pourrait voir c’qui va pas
dans le puits d’ses yeux opaques
trop profonds pour qu’on y ait pas enfoui douleur
peine et peur
pleurs)
et pourtant il rit
c’est dégoulinant d’une innocence biaisée
ça a la couleur gris/bleu de la désinvolture feintée
mais comme toujours, noé ne relève rien
peut-être, mais j’aurais aimé voir
t’as de la chance d’avoir vécu là-bas
tu sais, j’adore nola mais des fois
des fois...
elle m’agace, j’ai envie d’partir
(mais j’peux pas)

il parle de sa ville comme si c’était sa mère
lien indéfectible, chiante parfois mais si attachante
trop loin d’elle il pourrait pas.
ouais, j’ai jamais rien connu d’autre que nola
il lâche ça un peu comme on lâcherait une bombe
comme si ça lui pesait
avec une résignation dans l’ton qu’il a pas calculée.
un silence
(encore).
le tram arrive
noé monte
s’installe sur un siège libre à côté d’akane
il s’applique tellement à pas la frôler
c’est comme un jeu
un défi personnel
un jour il s’parie à lui-même qu’il la mettra dans son lit
et le lendemain le voilà déjà calmé
en fait suffit juste d’un peu d’eau (d’ses yeux ou d’ailleurs)
pour éteindre le feu, calmer ses belles ardeurs
j’habitais lakeview
je l’habite encore
les quartiers pauvres
rien d’bien scintillant
mais entre-temps j’ai déménagé
à cause d’une meuf
une certaine katrina

(il rit en regardant l’asiatique de biais
peu sûr de lui pourtant
la voix un peu rouillée
gros con referme la boîte de pandore
tu vas tomber dedans, couler, te noyer
putain pas encore)
et puis j’ai habité un autre quartier pauvre
et pour moi, nola s’est longtemps résumée à ça :
mon école nulle
les gens qui veulent pas sourire de peur qu’on les croie heureux
les pâtes sans sel beaucoup trop de fois dans la semaine
ma sœur, ma mère, mon père (mes rayons de soleil)
et mes potes (les plus beaux, les plus forts)
donc...
j’aurais bien aimé la voir un peu
quelquefois
ta virginia.

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