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 Les amours heureux (sidon)

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MessageSujet: Les amours heureux (sidon)   Lun 21 Aoû - 13:14


  La nuit s'était parée de son vêtement le plus sombre, y avait collé, je ne sais combien d'étoiles pour qu'on la regarde. Elle faisait la même performance chaque soir sans que sa robe éthérée ne se rompe et, avec son collègue le prince du vent, elle gardait ses plus loyaux spectateurs au frais dans ses tulles invisibles. Je devais avoir l’air d’un misérable, seul à ma table, à attendre ma bien-aimée, on est jamais plus seul que quand on attend quelqu’un pensais-je. Les gens installés se prenaient la main ou s’éclairaient à la lueur d’un téléphone. Il y avait ceux qui parlaient fort, qui écrasais l’atmosphère sous le poids de leurs paroles, on entendait qu’eux. Mais la musique était toujours la plus forte, elle chevauchait jusqu’à nos oreilles et nous rendait nostalgique ou, pour certains plus amoureux encore. J’attendais la femme de mes rêves, lui ayant apporté un petit cadeau que je garde près de mes pieds, j’espère qu’elle aimera. Un chat surgit furtivement, il a l’allure élégante, et disparaît presque dans la nuit, juste les yeux qui enfouis au fond de son visage illuminent presque aussi bien qu’une étoile. Un garçon s’approche de moi, il a l’air de ne rien avoir vécu et pourtant, la maladie du monde est peinte en rides d’abandon sur son visage.
- Vous avez choisi ?
Sa voix était un peu désespérée, lente au démarrage et à l’arrivée
- Oh non pas encore, c’est que j’attends une dame qui ne devrait pas tarder.
Et il s’en alla sans un seul sourire sans même essayer, mais je ne lui en voulais pas, comment le pourrais-je, je ne le connaissais pas et des fois sourire semblait bien plus dure que mourir.
Dans mon attente, je ne pouvais m'empêcher de retoucher ma coiffure, ma veste et mon pantalon, voulant m'assurer que tout était à sa place, que tout se passerait comme prévu.
Sortant de ma poche mon fétiche artefact, je l'allumai au creux de ma paume, et le portant à ma bouche, j'inspirais toute ma crainte pour la recracher par la bouche dans une plaisance accomplie ; la fumée ne cessa de monter jusqu'à disparaître tout comme mon angoisse à l'idée de voir, la plus belle femme de la terre.
Dans cet univers mondain empreint d'amoureux, j'étais comme une tache d'encre pas très gracieuse à la beauté et la richesse dégarnit.
  

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(Moi, Sidon et notre musique de vacances)
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MessageSujet: Re: Les amours heureux (sidon)   Mar 22 Aoû - 4:05



J'aime NOLA simple et claire, ses rues inversées qui tracent de beaux méandres dans l'obscure nuit faite reine. Les murs qui réfléchissent la lumière et font face aux étoiles (sacrilège du ciel, on ne se dresse pas gorgé de rayons face au manteau éternel de dame du soir). J'aime ces gens saouls qui dansent la valse dans l'avenue, entre deux rires mélodiques, ou ces musiciens par là qui ne vivent plus que pour leur son. Bien sûr, j'aime ce soir où tout va être mien. J'ai enfin le droit de sortir comme une femme. J'ai le droit de rejoindre un homme. Pour la première fois. J'ai changé de bord. Je suis à l'horizon. Alors cette nuit je regarderai tout. Je n'oublierai ni ce lampadaire délabré ni ce chien endormi sur la route, paisible, reposé comme Alexandre le Bienheureux. Je n'oublierai pas le sourire d'une jeune fille au tournant d'une rue, et le regard d'un enfant du haut de son balcon, au rendez vous avec les points blancs, là haut, perdus dans un ailleurs inaccessible. Adieu enfance, que je pense, adieu papa, adieu les frères, la femme est revenue, et pas l'homme ! J'ai attendu toute la journée ce soir là. Toute la semaine. Depuis que j'ai reçu le mot. Avec le mimosa. Je lui envoyais des tournesols et c'était comme un langage qu'on aurait inventé, un morse fleuri mais très énigmatique. Un morse des amoureux. J'aimais son visage, mais je ne pouvais le décrire. C'était une beauté singulière. Unique. Précieuse. Je l'avais vu un jour, je ne sais plus trop où. Puis là bas. Ici, partout. On se croisait. Sans s'adresser la parole. Nos regards suffisaient. Puis, par quel miracle, je l'ignore, on s'est envoyé des fleurs. J'ai détesté les dimanches où la poste ne travaille pas. Chaque matin, je courais à la boîte aux lettres après avoir vu la bicyclette et son facteur passé. Le mimosa était toujours là. Ce matin encore, j'ai arrosé ma collection de mimosas. Ce sont les seules fleurs que je n'ai jamais possédées. Qu'on m'a offerte. Ils reposaient dans un vase jaune. Biens assortis, ma pièce prenait de l'ampleur. Ça me rendait heureuse. J'étais maintenant comblée. Quand je suis arrivée, il était déjà là. Il ne m'avait pas encore vue. J'en ai profité, comme les dames font dans les vieux films, pour remettre une mèche derrière mon oreille et déplisser mon beige manteau. Puis je me suis avancée. C'est là qu'on s'est regardé.
Puis j'ai sourit.
Un sourire de femme.

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sarkozy
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MessageSujet: Re: Les amours heureux (sidon)   Mar 22 Aoû - 22:08


Et puis elle était là dans son beau manteau de dame. Elle avait l'air d'avoir accompli de sacrés miracles avec son sourire ; il avait dû sauver des lépreux de leurs maux ce sourire, il était plein de joie et cette nuit, il ne sauverait que moi oui rien que moi. Elle renversa son manteau qui glissant le long de son corps, exposa à mes yeux ses épaules robustes d'amazone. Elle avait une robe longue de danseuse latine que je ne lui aurais jamais pensé porter, elle la portait avec toute la grâce d'une reine et j'en fus ébloui. Retrouvant mes esprits après cette contemplation, je m'avança, l'air toujours un peu badaud, et lui posa un baiser au bord lèvres, juste à la commissure car nous n'étions pas assez intimes pour partager un baiser dès le premier regard, même si j'aurais bien aimé. Aussi proche d'elle, je pouvais sentir son cœur qui palpitait et son souffle chaud à l'odeur de fleur. Elle avait un visage que m’auraient envié les plus grands artistes qui, ni aujourd'hui ni demain ne pourraient poser leurs mains délicates sur un tel chef d'œuvre. Je restais aussi proche de son visage, collé entre sa joue et ses lèvres, feignant d'y être perdu, j'y restais plusieurs minutes qui me semblèrent quelques secondes avant de me dégager un peu sonné par la beauté que j'eus humé. J'arrachai cette vision au temps tel un voleur aux pouvoirs fantastiques, la confiant à un abri, au fin fond de ma rétine pour ne jamais oublier ni cette femme ni cette nuit.
Soudain, me prends l'envie étrange d'un câlin, et m'emparant de son corps avec mes mains un peu abîmées, je glissai au creux de son cou ce qui allait être mes premières paroles à cette fée géante, qui avait retourné mon âme et labouré mon cœur, elle l'avait laissé en friche celui-là, y plantant son drapeau aux écussons de fleurs pour être à elle seule le centre de mon attention.
- Je t'attendais ma Sidon, j'ai pensé le temps d'un moment m'être trompé de jour ou d'heure. Mon dieu tu es divine dans ton vêtement de nuit
Et dans son oreille, je lui soufflai un doux secret
(- Je crois que Nyx est jalouse, elle s'est arrêtée pour mieux te regarder)
Et c'est vrai qu'autour de nous, les gens regardaient nos échanges amoureux, ils guettaient le moindre faux pas pour se dire qu'ils n'étaient sûrement pas le pire en histoire d'amour.
Je pris son manteau qui continuait à couler sur sa peau, l'enroulant autour de l'un de mes bras.
- Attends !
Lui reculant la chaise pour la laisser s'installer, j'eus le plaisir de voir de près ses formes qui se mouvaient pour se poser sur la chaise en osier, dans sa moue à l'air indolent, elle se métamorphosait en déité.

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MessageSujet: Re: Les amours heureux (sidon)   Ven 25 Aoû - 14:46


Quand ses lèvres trouvent la commissure des miennes, à l'intérieur, tout n'est que feu, le coeur s'agite et palpite, s'embrase, c'est comme je l'avais imaginé - en cinq millions et encore plus de fois meilleur. C'est délicieux, c'est humain,
d'une brutalité tendre et tendresse brutale, de timidité et en même temps de grands pas en avant. C'est un concerto amoureux sans bémols. On s'envole, comme ça, trois quatre instants ensemble, heureux de se retrouver après des fleurs épistolaires et des regards au coin de la rue. J'aime ses mains, posées, là, un peu innocentes, son visage que je peux enfin admirer, son sourire, et le mien qui le rejoint, sa façon de me regarder.
J'aime. Je l'aime. Ah, comme c'est facile à dire après tant de temps, comme cet instant paraît important mais aussi naturel, il a l'air d'avoir tellement attendu qu'il coule comme du miel. Et ses mots, diantre ses mots, il les dits, un peu bas, il me les dit à moi, moi seule. C'est exquis d'être un des seuls points de repère d'un homme une heure, peut être plus, dans la soirée. C'est aussi exquis de ne plus penser à rien qu'à lui. Toute guimauve, toute émue, je m'assois, je continue de sourire (même le plus tordu des astres ne peut pas me l'arracher).
J'ai attendu tellement de temps.
Je suis venue. J'ai vu. Je suis là.

Est-ce bien lui ? Est-ce bien Léon au nom de fruit ? Léon qui m'envoie les plus belles fleurs, qui m'adresse de jolis signes de la main. Léon, Léon, Léon.
Je glisse ma main vers la sienne, sous la table un peu rouillée. Je l'attrape. Elle est douce. Simple. Nos doigts s'agrippent. Ultime espoir. Ça ne durera pas le temps d'une chanson ? Ça durera toute la nuit, tout le jour, tout le reste du temps, ma romance bricolée ? Si magique ?
Je suis heureuse d'être ici.
Heureuse pour la première fois depuis longtemps.

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sarkozy
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