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 easier. (noor)

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MessageSujet: easier. (noor)   Lun 21 Aoû - 16:46


noor, joli écrin de velours.
noor auprès de qui irma ne peut s’empêcher de rôder comme un vautour.
ses deux billes sombres qu’elle ne voudrait pas voir être voilées par des larmes…
l’égoïsme qui retentit dans son âme.
le besoin viscéral d’être à ses côtés, de la regarder, de l’embrasser et de l’enlacer.
l’incapacité de lui murmurer la vérité, ces sentiments gribouillés rapidement sur une feuille de papier déchiré qu’elle n’est même pas capable de comprendre dans son intégralité.
elle sait plus vraiment irma comment on fait pour aimer quelqu’un. pour l’apprivoiser, pour se donner. elle a le corps recroquevillé, les ecchymoses d’un bleu tirant sur le violet, sur le jaune et sur l’orangé, la peur au ventre d’être à nouveau entamée, blessée…
et surtout, surtout : humiliée.
reagan c’était pas ça. reagan la lionne qui a fini par courber l’échine, par hocher la tête comme les chiens ringards qui peuplent l’avant des voitures. reagan qui rugit toujours, tard le soir, plus comme un lionceau que comme une sauvageonne. elle le regarde s’endormir à la lumière blafarde d’une lampe de chevet laissée allumée par inadvertance et elle caresse du bout des doigts cette gorge où trône si fièrement une pomme d’adam qu’elle aimerait serrer fort fort dans ses doigts jusqu’à l’entendre craquer.
jusqu’à voir le sang créer un hématome funeste sous la peau d’albâtre. les yeux révulsés par la trahison, la mort qui sonne son diapason.
mais irma elle le fait jamais. irma elle ose pas.
qu’est-ce qu’elle serait irma sans lui ? le cirque n’aurait plus aucun intérêt. et l’habitude qui s’est créée d’être à ses côtés.
noor qui remet tout en cause, qui lui donne envie d’tout abandonner…
juste pour pouvoir la regarder.
juste pour pouvoir la posséder.
juste pour pouvoir l’aimer sans l’avouer.
la porte du salon de tatouages qui cafte son arrivée tardive.
irma qui ne sait pas où et comment la voir autrement… irma qui la connaît depuis trois ans…
et finalement l’impression qui enserre le palpitant de la connaître si peu.
de ne pas avoir d’avenir à deux,
que ces quelques œillades échauffées à l’arrière-boutique pendant que les lèvres fébriles se retrouvent pour se murmurer des vérités qui ne devraient pas s’évader.
« noor… »
murmure à peine audible qui supplie l’intéressée de se manifester.
d’être à ses côtés même quand irma ne pourra lui promettre plus qu’une certaine promiscuité.
irma qui a besoin d’avoir un avenir avec sa tatoueuse tatouée.
de ne pas penser aux journées qui vont s’éveiller,
que ce soit demain, dans quelques mois ou dans quelques années.
vivre l’instant présent juste pour oublier.
juste parce qu’être avec elle, c’est la plus belle chose qu’elle ait jamais fait.
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MessageSujet: Re: easier. (noor)   Mar 22 Aoû - 18:32


elle trace traits sur traits, des lignes sur d'autres lignes, des formes qui se dessinent petit à petit, tout doucement, à la manière d'un chemin de pierre que l'on construit doucement. un chemin qu'elle créé sur le corps d'une inconnue, qu'elle trace à jamais dans une peau ivoire, qu'elle essaye d'envisager au mieux, pour que les regrets ne cognent jamais à la porte de son échoppe, pour que les regrets soient des mots inconnus. c'est qu'on n'fait pas vraiment de service après vente, à la boutique deveraux. si le tatouage a un goût amer, il faut le couvrir avec un autre. la peau ne sera plus jamais blanche, matte, noire. la peau ne sera plus jamais vierge. on ne peut effacer la page. c'est de l'encre indélébile. elle leur dit toujours ça aux clients, noor. c'est indélébile, les gars. indélébile. ça ne part pas. tu n'peux pas décider, du jour au lendemain, de t'enlever l'encre. ça reviendrait à s'arracher la peau. et ça, ça serait bête pas vrai. ça serait très bête. parce que sans peau, pas de couverture, pas d'écailles, pas de camouflage. sans peau, les os, la chair, les nerfs. sans peau, plus rien pour couvrir la vraie nature humaine, celle qui est laide, celle qu'on expose dans musées et livres scientifiques mais qu'on cache aux yeux des enfants. c'est con ça, qu'on cache les corps aux yeux des enfants. c'est con, les gens. c'est pas quelque chose qu'elle comprend ça, noor. elle est perdue dans son tatouage, perdue dans ses pensées, perdue au fin fond de son cerveau, mais elle trace parfaitement, et l'aiguille rougit la peau comme on nage sur l'eau. et puis soudain, en plein milieu de l'aile de l'oiseau, dans un des traits qui ajoute profondeur à la bête, elle entend une voix.
une voix qui la sort de tout, qui la fait redescendre sur terre et monter sur paradis en un dixième de seconde. c'est tout con, ça aussi. c'est juste son nom. quatre lettres. c'est rien quatre lettres, mais quand ça sort de la bouche d'irma, c'est tout autre chose. c'est plus son nom mais c'est une hymne. une ode. à la beauté, à l'amour, à la passion, aux secrets. noor elle ne s'aime que dans les bras d'irma. alors elle relève la tête, toussote. "on va faire une pause," qu'elle souffle à la cliente. celle-ci sourit, attrape son téléphone. noor se lève, elle aussi. y'a irma qui la regarde, alors le monde s'arrête. le monde n'existe plus. "tu veux une clope ?" question con. les pupilles qui montrent l'arrière-boutique. tu veux sentir tes lèvres sur les miennes pendant que crame la nicotine ?

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les yeux qui brillent,
la conscience qui s'éteint,
cerveau troué comme ma paire de vans
seul au milieu du passage piéton,
la faucheuse me fait des appels de phares
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MessageSujet: Re: easier. (noor)   Ven 25 Aoû - 16:12


le cœur au bord des lèvres fendues par les mordillements répétés.
irma-reagan sauvage qui devient nervosité quand le sujet noor est évoqué.
les idées-envies qui font battre le cœur à tout rompre, jusqu’à hurler, jusqu’à crier, jusqu’à agoniser.
les vertiges qui ne tardent pas à pointer le bout de leur nez.
trop de pression dans ce corps qui devient inconnu plutôt qu’allié. les baisers enfiévrés qui hantent les pensées. la douceur de ses courbes vallonnées imprimées sur ses empreintes digitales qui viennent la picoter, la picorer.
le besoin de recommencer.
de l’aimer jusqu’à ce que la lune vienne mourir derrière le ciel étoilé… que le soleil finisse par se lever.
pour qu’elle puisse plonger ses opales trahison-mensonges-scellées sur le corps dénudé de sa belle éplorée qu’elle ne tardera pas à quitter, la mort dans l’âme, la faucheuse qui l’attendra de pied ferme pour lui découper la tête d’un coup sec… lui reprochant sa lâcheté et les décisions à prendre qu’elle repousse à jamais.
elle a besoin de voir noor, irma, comme un camé qui attend la nouvelle drogue qui saura le calmer. tremblements, sueurs froides, voix éraillée. cernes qui viennent se peindre jusqu’aux lèvres entrouvertes et déchirées par les aveux qui ne les dépasseront jamais.
"tu veux une clope ?"
elle arrêtera jamais d’apprécier les caresses-couteaux de la nicotine contre la paroi fine de ses poumons dilués. juste parce que les bâtons-cancers sont synonymes de baisers volés avec la princesse de ses rêves éveillés.
elle pensait pas irma, s’attacher autant à une gamine ravivée. elle pensait pas irma, qu’elle en viendrait à l’oublier. lui et toutes les obligations qui ont été scellées. elle peut pas irma, lui donner le monde (et le cœur) qu’elle voudrait. mais irma elle pourra jamais en rester éloignée.
noor, c’est un flocon sur le bout de la langue qui rafraîchit les pensées désordonnées.
noor, c’est la poussière de fée qui donne des ailes et permet les envolées.
une soirée passée avec la déité et irma se sent capable de soulever les montagnes, de tout quitter…
et puis noor et irma sont obligées de se séparer. et irma perd la force nouvellement trouvée.
noor, l’étoile polaire qu’elle doit suivre dans la voie lactée.
elle répond pas la fausse médium. au lieu de ça, elle joint ses doigts à ceux (plus froids) de la tatouée et l’emmène dans cette arrière-boutique qu’elle connaît par cœur, leur podium.
elle se jette irma, désespérée, droguée, sur les lèvres rosées d’une noor occupée. et irma elle sait plus bien si elle a besoin de noor pour ce cœur qui bat comme un dératé dès lors qu’elle se trouve à portée ou si ce n’est que pour cette volonté qui irradie de son adorée…
sans doute un peu des deux.
irma qui se retrouve agneau plutôt que loup-garou devant une telle beauté.
elle se recule de quelques pas, tentative vaine de se contrôler.
« une clope ce sera bien aussi. »
elle murmure de sa voix éraillée par les baisers qui, la bouche, ont fait gonfler.
elle fixe sa belle brune au teint halé quelques instants, sans trop savoir quoi raconter. trois ans que leurs chemins ne cessent de se croiser et l’impression constante de ne pas la connaître assez…
ce sera jamais assez.
pas avec noor et l’envie d’irma (incessante) de l’enlacer. de l’embrasser.
le désir qui ne cesse de l’embraser.
mais c’est p’têtre parce qu’irma ne se confie pas assez. secrets à jamais tais.
elle cache ses ecchymoses derrière les vêtements, cache les blessures du cœur derrière la cage thoracique… et même comme ça, noor voit à travers.
« ça fait longtemps… j’ai… pas vraiment eu le temps avant. »
souvenirs amers qui viennent donner une signification à la vérité masquée. coups qui se répètent contre les os, contre la peau. et reagan qui griffe les chairs à sa portée, attrape contre sa langue la chair putrescente de cet homme qui ne parvient plus qu’à la dégoûter. les dents qui viennent s’enfoncer dans la peau craquelée par les besoins viciés alors que la main libre de l’amant vient s’attarder sur la chevelure de jais pour la forcer à lâcher.
et quand la tigresse cesse de mordre et de mutiler, c’est deux mains énormes qui viennent se glisser dans des recoins cachés. reagan qui hurle, se débat, lui crache la haine sous forme d’une bile écœurante de ressentiments.
irma qui frissonne.
« j’ai besoin de toi comme d'une infirmière. »
elle avoue simplement, sentiment de soulagement-peur qui se crée à l’idée de montrer une part de vulnérabilité. une faiblesse à exploiter. les paroles imagées d'un français qui lui reviennent en mémoire et qui permettent d'expliquer...
tout ce que les mots ne pourront jamais exprimer.
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MessageSujet: Re: easier. (noor)   Dim 27 Aoû - 16:58


les yeux d'irma qui s'ancrent dans ceux de noor. le monde qui s'arrête. peut-être que la cliente s'est levée, est allée fumer une clope ou s'est affalée sur le sol victime d'une crise cardiaque. noor ne la voit plus, ne la sent plus, ne l'entend plus. tous ses sens sont obnubilés par la femme en face d'elle.
c'est même pas descriptible comme sensation parce que y'a rien de rationnel dans tout ça. c'est des sentiments entassés sur d'autres sentiments entassés sur une montagne d'autres sentiments et certains sont contradictoires et certains s'accordent tellement bien ensemble et noor ne saurait expliquer le pourquoi du comment et noor ne saurait expliquer le dixième de ce qu'elle ressent mais elle sait qu'elle l'aime, l'océan devant elle. elle sait que si dans sa vie elle doit tomber amoureuse, c'est maintenant. elle sait que c'est ça être amoureuse, être fou de quelqu'un, être prêt à tout. elle sait qu'elle ne peut éprouver quelque chose de plus fort que ça là maintenant.
si c'est plus fort, son coeur risque d'exploser en mille morceaux et on verra des bouts de noor valser dans son propre salon. et ça, ça détruirait une si jolie histoire. et ça, ça serait pas très beau à voir.
puis y'a la main de noor qui se glisse dans celle d'irma ; deux peaux douces qui s'emboîtent parfaitement les unes dans les autres, deux mains qui paraissent avoir été crées pour s'entrelacer.
et c'est tellement bien quand irma l'embrasse. c'est tellement beau. c'est comme si noor était la moitié d'un circuit électrique et que la fausse voyante la complétait. c'est comme s'il n'y avait que lorsqu'elles étaient réunies qu'elles étaient vraiment entières. comme si la vie en dehors de cette arrière-boutique, en dehors de leur bulle à elles, ne valait pas la peine d'être vécue. n'était pas très importante. vraiment, il fallait reléguer tout ça au second plan. qu'importe si on oublie les heures et si on oublie les minutes et si on oublie d'arrêter la cocotte minute ou d'éteindre le four. qu'importe si la maison brûle, si la cave est inondée. qu'importe les catastrophes naturelles et les catastrophes tout court.
qu'importe.
s'il y a irma et noor, c'est un autre monde. un paradis. un truc irréel. une utopie dont on n'vous ferait même pas rêver dans le plus cliché des romans romantiques. parce que les lecteurs diraient que cela n'existe pas. qu'aucune passion ne peut être aussi passionnelle. et que personne ne peut simplement oublier toute notion de responsabilité pour trente secondes sur un carton dans l'arrière boutique suffocante d'un salon de tatouage aux mille secrets.
alors noor sort de sa poche un paquet rouge, en retire deux bâtons cancérigènes, en glisse un entre ses lèvres, passe son pouce entre celles de son amante pour faire légèrement ouvrir la bouche et y glisser une clope. elle sort un briquet de son soutien-gorge, allume sa cigarette, la colle contre l'autre pour que les deux s'embrasent ensemble. et y'a d'la fumée qui commence à monter. et noor tire sur la nicotine comme elle voudrait pouvoir s'accrocher à irma : fort, avec passion, avec envie, avec désir, avec tout ce qu'elle a.
« je sais. enfin j'imagine. c'est pas… c'est pas grave. » elle passe sa main sur la joue de l'autre comme pour lui montrer qu'elle l'excuse. que l'important c'est qu'elle soit là maintenant. son pouce trace les contours de la mâchoire de son amante, épouse les courbes de son visage, comme si noor voulait graver à jamais les moindres traits de la voyante. comme si noor avait peur de la perdre.
elle entend la remarque finale alors qu'elle exhale. elle regarde la fumée s'envoler avant de reporter son regard sur irma. elle sourit. un sourire timide. « une bonne infirmière te dirait de ne pas fumer. » un sourire coquin. un sourire qui veut dire moi aussi.
elle embrasse doucement le cou d'irma. remonte jusqu'à sa joue. se colle contre ses lèvres. mordille sa peau. tire sur sa clope.
« tu m'as tellement manquée. tu t'rends pas compte à quel point j'ai besoin de toi. » un rire amer parcourt son corps. elle voudrait pouvoir hurler je t'aime mais elle voudrait aussi pouvoir hurler aime moi jusqu'à ce que mort nous sépare, laisse tomber tout ce que t'as pour mes beaux yeux, irma.

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