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 et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]

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MessageSujet: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Lun 21 Aoû - 18:49


Le soleil se fait bouffer par la nuit ; mon sommeil se fait ronger par l'ennui.
Il doit être minuit quand j'saisis mon téléphone pour lui envoyer un message. J'ai senti en moi comme un trop d'hésitation - j'ai l'impression d'vivre la Confusion des Sentiments. Zweig me rit au nez et j'finirai par être ce pauvre prof calciné par la vie, ses envies,
l'impossibilité d'pouvoir accepter tout ça.

Je tangue comme l'albatros dans le bateau du monde qui est en train de couler ; on finira tous par boire la tasse un jour.
J'me dis que je dois apprendre à voler, pour tous les laisser se noyer - et les regarder en leur riant au nez.
Prométhée n'aurait jamais dû faire ça : il s'est fourvoyé en croyant aider ; mais il serait mentir que de dire que l'homme est bon. On mériterait tous d'crever.

Tout ça pour dire que je l'ai invitée ; celle qui a des flammes dans les yeux et le coeur au bord des lèvres. Un pauvre texto pour lui dire que j'dois la remercier, que mon adresse est pas très loin de l'université - alors qu'à cette heure-ci, elle doit être chez elle ou bien bosser.
Pendant quelques secondes j'me met à regretter, j'me dis que mes idées sont pas claires, sont pas nettes - sont pas acceptables.
J'ai p'tet un peu trop fumé,
pas assez dormir,
pas assez écrit,
ou juste l'esprit renversé. Parce que j'sais que si elle arrive devant cette porte, j'vais arrêter d'penser - Mademoiselle Julie va finir par rougir,
j'risque de toucher le fond bien plus rapidement qu'elle.

Pourtant, j'attends comme Orphée a attendu Eurydice,
j'attends et j'espère qu'elle reviendra des enfers ;
jespère qu'aucun serpent n'aura été la mordre -
si ce n'est celui de la curiosité.
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Mer 13 Sep - 8:46


poivrots,
jeunes cons,
chasseurs de proies faciles,
tous se rencontrent ici et dansent ensemble, un verre à la main.
quand t'es du mauvais côté du comptoir tout semble moins charmant, moins romanesque. tu distingues ceux qui semblent vraiment amoureux de ceux qui sont là pour combler le manque dans leurs draps blancs qui eux attendent patiemment d'être souillés. c'était pas l'idée que j'avais quand j'ai postulé ici. en fait je ne sais même pas si j'avais vraiment une idée, juste celle d'avoir de la thune pour ne pas dépendre de frieda ou des garçons. pour pouvoir continuer à suivre mes cours de littérature, mais surtout pour continuer de la voir, elle. si belle. les commandes défilent les billets s'encaissent, mais l'attention n'est pas là. elle est ailleurs, dans le souvenir de la fois où j'ai été héroïne, héroïque. pour la sauver du danger. la seule fois.
parce que ça n'arrivera sûrement plus, parce que je suis nikita la cadette bogdanow, et que même si frieda est une gamine parfois ça reste moi la plus jeune. ça reste moi l'élève.
l'ambiance devient de plus en plus lourde, les rires de plus en plus gras, les remarques de moins en moins fines. les sourires en coin se transforment en t'es bonne en main sur les fesses. chaque soir c'est la même histoire, chaque parole ne fait que nourrir encore plus le feu qui brûle en moi.
téléphone qui vibre dans la poche droite de mon jean. et puis merde je regarde, pour une fois.
parce que j'en peux plus de me contenir, j'en peux plus d'être polie souriante conne à en gerber.
tout accepter, tout supporter pour un peu de blé.
alors quand je vois son nom s'afficher sur l'écran je me décide enfin.
je rends mon tablier. j'me casse, je les envoie chier, ces cons.
- eh, stan, tu diras au patron qu'suis malade.
il me dit que je suis folle, mais si c'est pas être folle de s'faire palper comme de la viande et de ne rien dire pour ne pas offenser le client...
seulement encore une fois, l'attention n'est pas là,
mais sur ces quelques mots affichés sur un écran.
mes pensées ne vont pas au même rythme que mes pas. mon corps s'empresse d'aller la rejoindre, ma tête reste bloqué sur l'image qu'il me reste d'elle ce jour là. me remercier.
s'il suffisait que de ça pour enfin la rencontrer.
je reste un moment devant sa porte en l'imaginant s'ouvrir sur son corps.
j'ai le palpitant qui s'affole dans la cage thoracique,
mon poing qui rencontre enfin cette porte.
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Sam 23 Sep - 19:52


Parfois, j'comprends rien à la vie,
Y'a eu des années, des siècles, des millénaires où on a cherché à tout décortiquer, analyser ; mais on est tous unanimes que sur une réponse : y'a pas de réponse.
Pourquoi la vie pourquoi le monde, pourquoi nous, pourquoi on se pose même cette question - et on cherche autant la vérité ; on en sait strictement rien.
Pourquoi Nik était là au moment où j'avais le plus besoin de quelqu'un,
j'veux pas dire quelqu'un dans ce wagon - juste quelqu'un dans ma vie.
Mais pas n'importe qui non plus - en fait, c'était elle ou personne.

C'était certainement ça que j'voudrais lui dire - en fait. Lui articuler que j'ai attendu longtemps en détournant mon attention à l'aide de signifiés ne signifiant rien - à l'aide d'antithèses semblables à ma vie. Un sale oxymore ; bel ennui dans lequel j'suis plongée depuis des années. J'ai les balafres écarlates et le coeur noir - goudron goût tabac.
Consumée par la vie.
Mais elle est là.
Nik.
Elle est devant moi, quelques centimètres nous séparent ; quelques secondes je me sens flancher : j'aimerais briser la distance. Mais ce n'est pas raisonnable, la vie n'est pas un roman. Ce n'est pas en l'embrassant qu'on réalisera qu'on a manqué un tas d'années où on aurait pu s'aimer - et puis qui a parlé d'amour ici ?
Mais j'me dis un peu que j'me serai certainement retournée si on revenait des enfers,
Ou alors j'aurais bu le poison en la croyant morte,
P'tet j'aurai même pu lui écrire une Lettre venant d'une Inconnue.
L'amok serait sain d'esprit à côté de moi.

Mais j'retiens tout ça en un sourire presque mué en un rictus - car mes doigts posés sur le bord du mur effleurent presque les siens.

- Nik, je... Les mots se bousculent, j'pourrai lui faire une tirade mais ils ne sont pas dans le bon ordre. Alors à la place, j'me tourne un peu pour lui montrer qu'elle peut entrer sans même songer au beau bordel qui l'attend ; un tas de feuilles éparpillées sur le sol que j'ai oublié de ramasser. J'suis désolée, il est tard... Mais je voulais te remercier pour l'autre fois. Si t'as le temps, j'ai un fond de whisky - ou un peu de bière si tu préfères.
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Dim 24 Sep - 13:05


j'ai le regard fixé sur la poignée de la porte, et je l'imagine.
je l'imagine de l'autre côté, un bouquin à la main. c'est toujours comme ça que je la vois.
j'essaie de deviner comment c'est à l'intérieur, si les choses sont bien rangées. en fait je ne les vois pas du tout en ordre, les choses. parce qu'elle bouleverse tout. elle renverse mon cœur, dans ma cage thoracique il s'amuse à faire des loopings. ça fait valser mes pensées qui traînaient dans les multiples coins de ma tête, celles que j'avais abandonné parce qu'elles prenaient trop de place. celles qui la concernaient, Elle.
on dirait le début d'un mauvais roman.
étudiante frivole qui papillonne autour d'un peuple d'imbéciles, parce que ça l'amuse. mais dont les fondations s'effondrent chaque jour, chaque fois que son regard rencontre celui de la professeur de littérature. putain. elle rirait au nez si elle l'apprenait. si elle se rendait compte de l'espoir qui grandit en moi depuis qu'elle m'a envoyé ce foutu message.
c'était peut-être une connerie de venir. mais une belle connerie.
j'ai le regard fixé sur la poignée qui tourne, le regard qui remonte le long de ses jambes, le long de son corps, pour atterrir dans ses yeux. mais surtout pas sur ses lèvres. parce que mon corps n'obéit plus à ma tête, ou peut-être que ma tête est de mèche avec mon corps, que la raison a foutu le camp depuis longtemps ? je ne sais plus rien sauf les faits.
elle est devant moi, et elle sourit. je le devine son sourire sans baisser les yeux. Nik, je... même elle m'appelle nik. et pas nikita.
ça emplit mon cœur de joie, comme si ces deux mots voulaient dire un tas de trucs qu'ils ne veulent pas vraiment dire en réalité. ma réalité elle est un peu chamboulée quand t'es dans le même espace que moi tu sais.
ou vous savez? j'en sais rien. j'sais plus rien.
j'accepte juste l'invitation d'entrer. passer si près d'elle remet en route le palpitant qui avait oublié de fonctionner quelques instants, j'ai le corps qui part en couille, les jambes qui menacent de céder, mes pensées doivent prendre sûrement trop de poids. J'suis désolée, il est tard... Mais je voulais te remercier pour l'autre fois. Si t'as le temps, j'ai un fond de whisky - ou un peu de bière si tu préfères. la tête qui dit non puis finalement qui dit oui. elle s'excuse alors que c'est moi qui devrais lui dire merci. je ne sais même pas comment lui parler, quel ton prendre, quel sourire afficher sur mon visage. est-ce que je dois accepter ou bien faire style, non non je suis une élève sérieuse hein.... trop de questions qui se bousculent, c'est pas normal. il est où ce putain d'instinct nik ?
- non non, ne t'ex- ne vous excusez pas hm, je ne demandais que ça de quitter le boulot... et je prendrais comme. comme vous ?
j'ai le regard qui s'égard sur chaque détail sauf sur ceux de son corps. j'ai le regard qui fuit son corps, d'ailleurs. de peur d'y rester scotché.
putain mais qu'est-ce que je fous ici ?
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Dim 24 Sep - 19:03


Y'a comme un goût de soleil sur ma langue et quelques étoiles dans mes yeux. D'la lumière que j'avais perdu depuis longtemps ; lassée de passer des nuits à ressasser ce qu'il s'était passé sans jamais pouvoir avancer.
Nik, elle est là avec ses cheveux de blé et les yeux océan - elle se plonge dans la confusion et on pourrait presque dire qu'à deux on y fait notre bain de minuit.
Elle a le regard fuyant et ça me mettrait presque en colère parce que c'est ses iris que j'aimerais attraper, comme pour avoir l'impression d'exister ; me sentir enfin être auprès d'elle (car auprès des autres je n'en ai que faire). La soirée a mangé ma logique au même moment où elle a englouti le soleil, depuis j'erre parmi les ombres à la recherche de la mienne - au final tout ce que je trouve c'est Elle et quelques débris d'mon âme accroché en son sein.
Mais ça elle ne le sait pas trop - d'ailleurs est-ce que moi j'le sais ?
J'recommence à espérer c'est un peu inouï comme sentiment, un peu rare comme sensation - parce que l'espoir c'est l'truc que tout le monde jette à la poubelle avec ses mouchoirs usagés. C'est l'machin dont plus personne ne veut parce qu'y'a plus grand chose à espérer à part une augmentation d'ton patron, mais ça, c'est plus de la vénalité.
Parce que l'espoir c'est un truc qui va prendre tes tripes, te retourner le cerveau et t'assurer que t'es capable de tout - pas pour du matériel, non. Juste pour quelque chose d'impalpable, quelque chose de tellement brut qu'il en devient de l'abstrait.

Ce qu'elle ne sait pas non plus,
c'est que c'est pour Elle que j'ferai des folies.
J'sais pas trop d'où ça sort, si ça datait d'avant ou bien de maintenant - ou si ça flottait depuis l'début mais que j'l'ai jamais vraiment compris.
En tout cas maintenant j'vois bien tout ça, lorsque son visage est éclairé par ma pauvre ampoule et les néons d'ma cuisine. J'passe malgré tout une main dans ma nuque quand j'balance C'est le bordel, j'ai pas eu le temps de ranger... Je t'ai envoyé ce message un peu sur un coup de tête... Y'a pas mal de choses que je pourrais faire sur un coup de tête maintenant, Nik. Comme te fixer, t'obliger à me regarder, t'embrasser et puis trembler lorsque je sentirai ton souffle glisser sur mon corps déshabillé. Au vu de ton age, on va prendre de la bière hein ? Puis c'est aussi parce que j'ai pas envie de me bourrer la gueule, j'ai pas envie de tanguer ni de voir flou. Parce que je préfèrerai que chaque mot sorti de ma bouche soit aussi réfléchi qu'un Balzac ou bien un Baudelaire. J'ai envie de t'emmener dans mon monde des idées pour te montrer combien penser n'empêche pas d'apprécier.

D'aimer ?

Après avoir saisit les deux bouteilles décapsulées, je reviens la voir en m'installant dans le seul canapé de la pièce - elle a donc le choix entre rester debout ou bien se mettre à côté. J'allume une clope, comme pour me persuader que ça me remettra les idées en place, puis j'ose articuler

Tu sais Nik, j'ai remarqué... Une longue pause qui doit certainement la troubler encore plus que normalement. Je cherche les mots tandis qu'elle doit chercher les réponses. J'ai remarqué que tu devrais me suivre parfois... Dans mes manifestations. Ça se sent même dans tes écrits tu sais. T'as la rage au ventre et faut laisser tout ça s'exprimer, sinon un jour, ça va te bouffer.
Je dis ça, mais je suis la première baisée par ses idéaux.

Je dis ça, mais en réalité, je trouve juste un prétexte pour pouvoir la revoir.
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Mer 27 Sep - 10:51


le vous et le tu se confondent.
comme si notre rencontre, notre réelle rencontre, s'était faite ce jour là.
comme si tout ce qui s'était déroulé auparavant ne comptait pas. toutes les heures passées à la contempler, à boire ses paroles, à plonger dans ses yeux. la personne que je vois en face de moi, c'est celle que je passe en boucle dans ma tête depuis cet instant. c'est sa main que j'ai imaginé dans la mienne que je suis en train de regarder, ce sont ses lèvres que j'ai imaginé embrasser sur lesquelles je reste bloquée. elle finira par s'en rendre compte et me dira sûrement poliment que les remerciements sont faits et que je peux m'en aller.
la vérité c'est que, moi j'aimerais rester ici pour toujours. ne plus dépasser le seuil de cette porte, ne plus rentrer à l'appartement pour filer de la thune à elix qui en a absolument besoin mais promis juré craché tout ça sera remboursé demain (enfin on se demande quand c'est demain avec elix), rester ici à la regarder vivre et m'effacer dans le décors peut-être.
enfin, même si évidemment j'aimerais en faire partie de ce décors.
sauf qu'au bout d'un moment, il faut quand même se raisonner,
qu'est-ce que mademoiselle oliveira ferait avec moi ?
je suis sûrement pas sa meilleure élève, j'aurais pu l'être si elle était professeur de lycée mais maintenant ça fait longtemps que je suis dépassée. et surtout dépassée par sa beauté. par le timbre de sa voix, sa façon de remettre en place ses cheveux, le mouvement de ses hanches quand elle se déplace, toutes ces choses qui ne se voient pas forcément mais qui font d'elle ce qu'elle est. et je la regarde se déplacer dans la pièce du coin de l’œil. pour ne pas céder.
parce que céder je connais bien, moi. je ne suis pas de ces jeunes filles de grande vertu, très raisonnables, qui ne se laissent pas aller à la tentation. pour y remédier, moi j'y cède. mais pas avec elle. céder à cette tentation, ça voudrait dire ne plus la revoir. c'est con, je ne la connais presque pas, mais je sais déjà que mon cœur ne le supporterait pas. le pauvre il menace déjà de lâcher rien que parce que je suis ici. chez elle. près d'elle.
C'est le bordel, j'ai pas eu le temps de ranger... Je t'ai envoyé ce message un peu sur un coup de tête... je décide enfin à tourner la tête. simple marque de politesse. mes yeux s'arrêtent sur sa main dans sa nuque, geste qui dévoile légèrement son cou. un coup de tête. tout pourrait se faire sur un coup de tête. elle pourrait aussi me dire de partir sur un coup de tête. je regarde les feuilles au sol sans vraiment le regarder. en fait je ne vois plus rien, rien que du flou. rien que de l'imprécis. rien que mon bordel à moi à l'intérieur de ma tête. c'est pas grave. le bordel je connais. j'essaie de sourire mais tout sonne faux.
y'a l'envie et la peur qui me rongent le ventre. la curiosité quelque part aussi. pourquoi je suis ici ? putain. fait chier. Au vu de ton age, on va prendre de la bière hein ? au vu de mon âge. évidemment.
au vu de mon âge. au vu de mon âge je ne devrais pas être là. mais en même temps je préfère la bière, alors j'hoche la tête en cherchant un autre point à fixer mais c'est sur son corps qui s'éloigne qu'il trouve refuge. de la bière c'est parfait. enfin, même si à vingt ans.. le whisky n'est plus un inconnu mh. j'ai l'impression que mes mots sonnent faux, j'ai le rouge qui me monte aux joues tellement je me sens ridicule. c'est toi qui me fait ça, era ? j'sais même plus comment j'ai su qu'elle s'appelait era.
elle s'installe sur le canapé et je la rejoins, c'est quand même moins gênant que de rester debout devant elle. le silence m'angoisse.
c'est un fait général. le silence m'angoisse toujours. je ne sors jamais sans mon mp3, il me faut toujours un fond sonore, le bruit de la foule, une discussion en arrière plan. quelque chose. je pense toujours plus quand je suis dans le silence, et penser auprès d'elle c'est encore pire que de penser toute seule. parce que rêver de l'embrasser quand je suis seule ok, mais quand elle se trouve à quelques centimètres de moi c'est moins évident.
pour combler le silence, je me décide enfin à la regarder. elle est belle quand elle fume. je ne l'avais jamais vu fumé. Tu sais Nik, j'ai remarqué...
putain. merde. le coeur qui loupe un battement, les yeux pendues à ses lèvres, qui guettent la fin de la phrase. remarqué quoi?
la façon dont je vous regarde ? le fait que je suis dingue de vous ? que je vous vois en rêve ?
J'ai remarqué que tu devrais me suivre parfois... Dans mes manifestations. Ça se sent même dans tes écrits tu sais. T'as la rage au ventre et faut laisser tout ça s'exprimer, sinon un jour, ça va te bouffer. seulement ça... je ne contrôle pas le sourire qui s'étire sur mes lèvres. j'essaie de le masquer en attrapant ma bière pour en boire une gorgée, puis j'hausse les épaules. j'y vais déjà. enfin. je manque pas vraiment d'occasion pour aller manifester. sauf pour vos cours. j'ai jamais séché vos cours. c'est pas. enfin. je ne faillote pas hein, j'suis pas comme ça. je bois encore un peu avant de la regarder. avant de laisser mon regard se perdre entre ses yeux et ses lèvres. mais je veux bien vous suivre évidemment. je ne sais pas si c'est l'espoir encore qui pointe le bout de son nez et qui refuse de laisser partir mon sourire. qui ne retient que la façon dont elle me voit, et l'invitation à la rejoindre.
moi je la suivrai jusqu'aux enfers s'il le fallait.
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Jeu 28 Sep - 19:57


Putain j'le sens,
ça s'étiole,
ça s'étire ça s'étend, comme quelque chose d’incontrôlable. Est-ce que c'est ce sentiment qui a inspiré la tragédie ? Ce truc tellement fort qu'il est impossible de lutter. J'ai même pas commencé à me battre que j'ai déjà posé les armes - laissé coulé les larmes. Il y a le goût invisible du sang sous ma langue ; l’écho du fer de la lame de mon épée enfoncée dans un roc que j'aurais préféré impénétrable - ma tête.
Le sens s'est effacé pour laisser place à l'abstrait ; le brut n'est qu'artifices et j'oublie complétement la matérialité au dessus de laquelle on survole. Parce que là, on flotte clairement.
C'est certainement ça qui m'empêche d'être gênée face à la situation,
face aux regards timides - des mots muets échangés au travers d'iris vacillants.
Elle veut bien me suivre, évidemment, qu'elle dit après avoir tout de même appuyé la naissance de ses idéaux dans les rues. Je dois sourire parce que mes joues me font mal - ce qu'elle ne sait pas, c'est que normalement, je suis pas de ces gens qui ont le sourire pendu aux lèvres. J'ai plus la mine effacée et les joues creusées par les nuits blanches- nuit saupoudrées d'une dose de noirceur qui me va bien au teint.
Livide.
C'est ce que je suis, habituellement. Or, là, je sentirai presque mes joues rosir.
D'ailleurs, ça aussi, j'avais oublié,
Ressentir.
Je me sens comme noyée dans une synesthésie qui me rattrape après ces longues années à errer. Je suis à deux doigts de sortir un carnet pour tout coucher, là, sur le papier,
ou dans mes draps ?
Non, Nik, je ne le la coucherai pas. Elle n'est pas de ces gens que l'on couche - ou du moins, pas si on est négligeant. Nik, quand on la regarde, on voit un tas de choses ; beaucoup de trucs cabossés par la vie et les gens assez maladroits avec eux-mêmes au point de faire souffrir ceux qu'ils touchent. Nik, elle a des fissures au coin des lèvres et quelques balafres certainement bien cachées (entre ses reins ?). Nik, il faudrait l'embrasser, puis la caresser,
partout.
Nik il faudrait glisser ses doigts sur elle comme un baume réparateur, comme la chaleur qu'elle cherche dans ses journées gelées. Nik elle a dû en voir des choses - elle a dû souhaiter être aveugle. Nik, faudrait lui rendre la vue,
lui montrer ce que je vois quand je la regarde.

Un trucs impossible à écrire, impossible à décrire et encore moins à expliquer. C'est quelque chose qui trouve plus de sens dans le silence que dans les mots ; parce que les mots rendent tout ça trop concret. Et Nik, elle est bien mieux que cette sale réalité.

Nik, je... Je ne sais pas par où commencer - ni si un jour il y aura une fin.
Une fin à cette phrase, j'veux dire ; parce que pour le reste, il faudrait déjà un début.
Par contre, je suis certaine que si début il y a ; aucune fin viendra rayer ça.
J'arrive pas à trouver quoi articuler, ni comment le faire, je sens un tas de sentiments qui se bousculent dans ma gorge mais impossible à sortir sous une autre forme qu'un long soupir - l'esprit las de devoir autant résister. Non, rien. On en reparlera quand tu auras ton année. Là, j'suis ta prof. Je parle, mais elle doit rien comprendre - en fait, c'est plus un dialogue interne qui se balade sur mes lèvres.
Qui aimerait effleurer les siennes ;
histoire de me taire,
les idées suspendues dans l'arbre du doute qu'elle a planté depuis un moment maintenant.
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   Ven 29 Sep - 12:37


encore une fois j'ai l'impression d'être une gamine,
toute ma vie je serais gamine. comme si c'était écrit dans les livres. comme si c'était défini par ma naissance. ouais c'est ça, gamine de naissance. gueuler n'y changera rien, faire l'indépendante n'y changera rien. aux yeux de friecrich, aux yeux de niklaus, aux yeux de frieda je suis une gamine.
et sûrement à tes yeux aussi.
j'ai peur tu sais. ça faisait longtemps que je n'avais plus eu peur. c'est se sentir vivante que d'avoir peur. et c'est comme ça que je la comprends, antigone. j'ai peur et je me sens reine. parce que je vis.
j'ai peur de ne plus te voir, peur de ne jamais goûter à tes lèvres, peur de me perdre trop loin dans mes pensées, faire un pas de travers, peur de te déplaire, peur de n'être qu'une gamine, j'ai peur et je me sens vivante. parce que cette peur c'est sûrement l'amour qui l'engendre. l'amour.
c'est peut-être seulement l'amour d'une idée. l'idée que je me fais de toi, que je me fais de nous. mais moi cette idée je veux la vivre, j'ai peur de la perdre cette idée, que tu ne veuilles même pas en entendre parler.
quand je suis avec toi je me sens trop loin, quelque part entre les étoiles et les nuages, mais j'ai envie de m'enterrer six pieds sous terre. je te regarde et tu souris. je me dis que je n'ai plus peur, mais que je n'ai jamais été aussi terrifiée. era, t'es trop de choses à la fois.
et moi je continue. je te regarde. je regarde ton sourire. je ne le vois pas souvent ton sourire, mais il est incroyablement beau. tellement beau que mon but à présent et de le faire apparaître, encore et encore.
moi mon sourire on le voit trop. moi, ma fausse bonne humeur communicative c'est de la daube. je ne suis pas heureuse, mais je ne suis pas malheureuse non plus. je suis quelque part entre la vie et la survie. j'erre sans trouver ma place et ici, sur ce canapé, avec toi à côté, c'est comme si je trouvais enfin ma raison d'exister. je te regarde, je te regarde sourire et je me rends même pas compte que sur mes lèvres aussi se dessine une faille. ce n'est que le résultat du tremblement de cœur, du tremblement de corps. tu bouleverses tout à l'intérieur. et c'est à toute l'écroulement extérieur qu'on assiste.
Nik, je... je te vois te perdre quelque part, dans l'explication de ces deux mots, dans les possibles de la suite. j'ai envie de te ramener dans le présent, dans le maintenant et ici. te tirer de ta rêverie en cueillant le fruit défendu entre tes lèvres que je regarde trop. j'ai même l'impression de voir le soupir qui s'y échappe. Non, rien. On en reparlera quand tu auras ton année. Là, j'suis ta prof. merde.
non... c'est fou comme ce nom est accompagné de tout mon corps, ma tête qui tourne de droite à gauche, légèrement inclinaison vers elle, ma main qui pose ma bière. toute mon attitude qui veut dire, j'ai pigé qu'il y avait un truc de sérieux entre ces deux mots et la fin de la phrase, un quelque chose qui s'en est allé dans ce soupir. dites moi. j'ai l'impression de la regarder avec les yeux d'un chien battu, j'en ferais presque pitié. s'il vous plaît. réaction exagéré pour un truc qui ne veut peut-être pas dire ce que je crois qu'il dit,
ce que j'aimerais qu'il signifie.
moi j'aimerais te dire,
era, je...
era je suis folle de toi.
et ce serait tellement facile.
des insinuations glissées dans une copie.
j'ai rarement eu peur.
ni de la chute, ni de l'oubli, ni de la mort.
même quand j'étais gosse je n'avais pas peur,
mais écrire trois mots dans une copie ça me tord le ventre.
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MessageSujet: Re: et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]   


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et s’il faut que chaque jour je devienne soleil pour éteindre la nuit. [NIK]

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